samedi 25 février 2012




nous sommes toujours en Martinique. grrrrrrrrrrr. mais nos problèmes de papiers se résolvent doucement,(nous venons de recevoir , après 3 mois d'attente, ce fameux certificat qui confirme notre nationalité française ( gloups !!), il n'est délivré qu'une seule fois dans une vie, au prix de maints et maints documents attestants de notre filiation: extrait de naissance de nous deux, puis celui des parents, et des grands parents..... un vrai supplice que cette attente du passeport magique qui nous permet d'obtenir notre renouvellement du pavillon belge , puisque notre voilier est belge.

autre excellente nouvelle, nous nous sommes enfin séparé de cheval fougueux, vous savez notre annexe increvable, certes, mais instable au possible , qui nous a mis a la baille plus d'une fois, et nous a fait passer quelques nuits blanches à rincer le moteur..!! donc adieu vieux canasson de fer, inutile de te dire que nous ne verserons pas une seule larme. Je vous présente donc notre fringante nouvelle annexe, une petite ponette de 3 m , avec des cuisses dodues à souhaits, une douceur, que dis-je un rêve de confort et de stabilité. Voila pour  la ponette :

Bon, les présentations étant faites, tout ceci ne nous empêche pas de naviguer : sur notre bateau en Martinique , et sur celui des autres pour les iles ex britanniques devenues indépendantes: Dominique, sainte Lucie , saint Vincent entre autres.( les autres ex colonies britanniques sont saint kitts et nevis au nord de l'arc antillais, Antigua et Barbuda au nord de la Guadeloupe, grenade et Barbade au sud.). Toutes ces iles sont devenues états indépendants entre 1966 et 1983, et sont chacones un cas d'èspèce mais sont souvent très pauvres. L'accès à la manne touristique est donc un critère d'importance. A chaque fin de navigation, nous sommes donc réceptionné par un comité d'accueil, d'abord pour la prise de corps mort c'est à dire la boule sur lequel notre bateau sera attaché, puis se succède multiple petites visites, pour une cloppe, une bière, un rhum, plusieurs rhum en fait, pour tout vous dire, deux bouteilles entières en deux jours !!!! du bon vieux rhum a 55 ou 60 degré ! ...Notre comité d'accueil a sainte Lucie s'appel Johnny be good, il n'est plus tout jeune, roublard comme pas deux, comédien au possible, imbibé de rhum comme il se doit, mais adorable ……a la hauteur des présents et billets qu'il reçoit .parce que, tout s'achète, tout se vend, y compris les jeunes filles du village , pas forcement majeur bien sur ! Johny be good , ou be Bad, comme on voudra , régente son petit monde, nourri sa famille et un partie du village, ce qu'il ne possède plus physiquement, il l'a mis dans la force des « relations ship », on est toujours reçu a coup de grandes effusions sentimentales, et va y que je te serre dans les bras comme si on ne s'était pas vu depuis 1 an, et vas y que j'en profite pour te frôler la fesse, et « You are mon papa » par ci , et « you are my sister «  par là, les yeux embués par l'émotion , et merci papa pour le lait pour maman, les tee shirt pour mes sœurs, et surtout le rhum pour moi . « Au fait papa, tu as pas un petit billet qui traine, non, pas les dollars caraïbes, non, des bon vieux euro de chez vous ». Ça c'est la petite phrase du soir ! Celle du matin c'est :

Papa, tu ne devinera jamais ce qu'il m'est arrivé hier soir , il y avait tant de houle, la mer a renversé mon canote, je me suis retrouvé a l'eau, j'y ai tout perdu , surtout mon portefeuille avec tes euro dedans, mais tu sais papa, heureusement, j'ai sauvé ma vie !! oh fait, tu n'a plus ces petits billets ? tu sais ? les petits bleu !! voila pour le comité d'accueil, toutes ces petites formalités prennent bien deux heures au minimum, une demi nuit au maximum !!

nous sommes donc descendu en divers occasions vers sainte Lucie, visiter la partie que nous ne connaissions pas , puis nous avons convoyé un bateau de 44 pieds de saint Vincent vers la Martinique. Ces deux dernières nav ont été magiques. Aucun moyen de transport n'apporte autant de sentiment de liberté absolue que le bateau.

Nous voila donc en route donc pour Sainte Lucie avec notre pote Christophe sur son magnifique catamaran.

Pour la petite histoire, Sainte Lucie ou Santa Lucia a été découverte par Christophe Colomb en 1502, comme la Martinique, lors de son 4eme voyage.

Jusqu'au milieu du 17eme siècle, les caraïbes restèrent maitres de leur ile, repoussant toute tentative de colonisation. En 1639, ils massacrent une colonie anglaise puis en 1660, ils acceptèrent un traité avec les Français. A partir de cette époque, les combats entre Français et Anglais furent incessants et l'ile changea plus de 14 fois de mains.

Santa Lucia redevient une dernière fois française a la suite du traité d'Amiens en 1802, mais après les guerres napoléoniennes, elle devint définitivement britannique en 1814, mais l'ile conserve l'empreinte de la présence française par de nombreux noms de lieux et surtout par son patois proche du créole.

Après une longue période coloniale, marquée par le déclin des culture suite à l'abolition de l'esclavage, santa Lucia devint état associé du Commonwealth en 1967 et indépendante en 1979.

La population est essentiellement d'origine africaine avec un certain métissage.

Les ressources principales de l'ile restent encore l'agriculture malgré les efforts timides d'industrialisation. la culture de la canne à sucre à été remplacée pour une grande partie par la banane, le cacao, la noix de coco et les agrumes.



Notre dernière navigation nous avait amenée à Rodney Bay dans le nord de l'ile, Cette fois ci, nous partons pour Marigot bay, plus à l'ouest, jusqu'aux pitons, véritables pains de sucre volcaniques et emblème national.





Outre les fameux Fridays Night, ces folles nuits du vendredi ou touristes et danseurs locaux se mêlent en des zouks endiablés, dans une chaude et bruyante ambiance, Le charme de Santa Lucia tient avant tout à ses montagnes spectaculaires, ses fonds marins et ses petits villages authentiques.

En route pour le canal de sainte Lucie sur ce super cata. Quelques images pour vous donner une idée :


                                            un détail de la voile






Apres 6 heures de navigation, nous arrivons a marigot bay





Nous passons la nuit dans cette petite enclave, bien protégée par les cocotiers après bien sûr les formalités d'usage : la clairance. A chaque sortie des eaux territoriales, nous devons signaler notre départ, et notre destination . Arrivé a Marigot bay, nous devons donc enregistrer notre arrivée , passage donc a la douane, puis a l'immigration moyennant quelques dollars caraïbes.




Le lendemain matin, nous partons pour la baie des cochons , nous y serons réceptionné par notre comité d'accueil préféré : Johnny be good , « papa, oh mon papa, tu es de retour !!! « , on se congratule , un ti punch, une tite cloppe, puis encore un ti punch….. encore une demi nuit !! je vous présente Johnny be good


Nous en profitons pour faire un petit carénage maison, c'est-à-dire un petit grattage de coque, parce que aux Antilles, on se retrouve vite avec des guirlandes sous la coque, si on traine un peu trop, c'est quasiment du corail qui pousse sous votre bateau, certain récit nous disent avoir hébergé crabes, coquillages divers, bref, beaucoup de végétaux et de minéraux qui bloquent souvent le speedo et ralentissent inévitablement le bateau. Donc petit nettoyage. c'est plutôt pas désagréable !!, on enfile les bouteilles, on se muni de spatules, et hop, on saute a l'eau. D'un coup, je sens quelques chose qui me pique le derrière, ……non !!!, je rêve !!!…..je suis entrain de me faire butiner les fesses par des mini crevettes !!, les sergents major arrivent pour participer au festin,…c'est la curée. tout ceci fini dans un grand eclat de rire !


Encore une nuit







Encore un matin





Nous partons a canaries, le village de Johnny be good, qui tient absolument a présenter sa maman !!nous découvrons une baie splendide, au pied d'une falaise magnifique, sculpté par le vent et le ruissèlement de l'eau, des cathédrales de pierres se sont dessinées,…. juste magique !









Ce pourrait tout a fait être un village d'Afrique, un village du Sénégal, la même ambiance, la même odeur, les même scènes de vie, les enfants jouant sur le ponton de ravitaillement, à gauche, la pièce centrale du village, celle qui accueil les débats publiques et surtout la télévision, les barques des pécheurs sur la grève, …… tout y est !



Nous passons la nuit au pied de la falaise, nous partons le lendemain.



J'en profite pour faire mon premier pain, une miche magnifique, dont je suis tres fier. Certe je me suis un peu trompé dans le dosage, on s'est donc retrouvé avec une miche de deux kilo, une mie bien dense, bref, un étouffe chrétien !! mais, quelle splendeur !!!!








Puis on se prépare a reprendre la mer pour le retour, on prépare le bateau, les garcons font les verifications d'usage. Pendant ce temps, j'assiste à la peche traditionnelle . Je me poste devant le catamaran, mon appareil photo autour du cou, toujours le même, celui que mon ami m'a donné, pretextant qu'il était vieux, et puis lourd !!....................il ne sait pas vraiment le plaisir qu'il m'a fait ce jours là, ce cadeau incroyable, qui m'accompagne dans tous mes voyages , c'est comme le petit message publicitaire : «  un inconnu vous offre des fleurs et tout s'illumine », moi il m'a offert cet appareil…………… je le bichonne, lui nettoie sa lentille, je peste parfois parcequ'il déclenche un peu tard, et puis parfois il me renvoie une image pas tres nette, mais je l'aime, autant que celui qui me l'a offert, …………………..merci mon copain, merci mon francois, tu me manques, n'en doute pas !!

Je suis donc , stoique, a l'avant de ce majestueux catamaran. Mes trois mousquetaires ont jetés le filet au pied de la falaise.





Comme un grand lasso , ils referment tout doucement le filet pour y concentrer les poissons, puis tous se jettent a l'eau, à l'exterieur du filet. Je ne comprend pas tout de suite, pourquoi crient ils tant ? et puis , ils frappent l'eau !!! et de nouveau ils gesticulent, et hurlent dans leurs tuba, la tete sous l'eau . Bon, soit ils sont devenus fou a voir tant de poissons dans le filet , soit c'est le rhum !! le petit décollage du matin comme ils disent est parfois redoutable !!, mais, va savoir !!……


Et puis je comprend, ils effraient les poissons , les encerclent pour qu'ils se jettent dans le centre du filet. Quand tout le monde est là, la boucle se referme, puis on remonte les filets .










Oh, ai-je bien vu ? n'ai-je pas la berlue ? je zoom, ……







Je vérifie !! …… je zoom encore,






Et là, messieur, je vous invite a détourner les yeux, vous risqueriez d'en être jaloux !! Merci encore a mon copain pour ce zoom x12 merveilleux qui me permet de capturer les moments rares de la vie, pardon maman jolie pour ce coup d'œil lubrique de ta fille, mais tu reconnaitra que la fesse de david, qui avait déjà tant émoustillé ma rétine, cette paire de fesse que j'ai pris un million de fois en photo, sous tous les angles , a florence, face nord , puis face sud , tu reconnaitras que ceci n'est rien a côté de ……..






Tout est là !!!......Tout y est !!.....Tout est dit … !!!!    Ce n'était donc pas un mythe …. ? !


Le retour fut magique , direction les anses d'arlet pour y faire la clairance retour , nous croisons un géant de la mer, un dauphin solitaire, un grand mâle qui vient jouer un moment a l'étrave du bateau . Magnifique !!



Quelques jours plus tard, nous prenons l'avion pour Saint vincent , afin de récuperer un oceanis de 44 pieds et le convoyer jusqu'en martinique, toujours avec mon pote christophe . Nous partons a 7h, Nous arriverons sur place a 16h, un premier vol jusqu'à barbade, puis barbade saint vincent.

Vous avez vu, on dirait un peu la France , vu d'en haut .





Barbade ne semble pas tres sympa vu d'en haut, un immense plateau a vache , cerné d'eau cristalline .


Et puis, pas très sympa cette escale, ou nous avons eu toutes les peines du monde a faire comprendre a la douane que le gilet de sauvetage n'est pas dangereux , que le gaz qu'il comporte est le même que celui qui se trouve dans les gilets , sous chaque siège de l'avion. On appelle le supérieur hiérarchique, on empêche la douanière de dévisser la dite cartouche de gaz qui, elle ne veux pas en démordre ,risque d'exploser dans l'avion , et puis, «  c'est interdit de transporter du gaz, même si c'est pour sauver votre vie !! on explique, on réexplique, on montre et on démontre, Le commandant de bord fini par intervenir, hilare, et gêné par tant d'ignorance. Deux heures après, nous pouvons enfin décoller pour saint Vincent.

L'ile de saint Vincent fut découverte également par Christophe Colomb en 1498 le jour de la saint vincent d'où son nom . Comme en Dominique, la défense de leur territoire par les indiens caraïbes fut acharnée, empêchant toute colonisation sérieuse. En 1783 , l'ile devient une dernière fois britannique… Entre temps, une nouvelle race était née, » les Caraïbes noirs «  , issus d'un croisement avec des esclaves naufragés sur les côtes de Saint Vincent. Les Blacks Caribs furent pour la plus part dépotés au Honduras mais leurs caractéristiques anthropologiques apparaissent encore aujourd'hui sur certain visage. . comme a sainte Lucie, certains sites ont conservés des noms bien de chez nous. Un des mouillages par exemple se nomme «  petit bordel !!! ». CQFD.

Il existe aussi un lien entre cette ile et la lointaine Tahiti. Le célèbre captain Bligh , après la mutinerie qui lui couta son Bounty, transporta jusqu'à Saint Vincent, sur son nouveau voilier «  providence », plus de 500 plans d'arbres a pain, en provenance de Polynésie. Les fruits de cette arbre devaient nourrir a bon compte les esclaves des plantations et bientôt, il se répandit dans toutes les Antilles.

Le tourisme est assez peu développé a Saint Vincent, l'ile est très sauvage, très montagneuse, très escarpée. Végétation luxuriante , très différente de santa Lucia.

Cette ile a abrité le tournage de pirate des caraibes et ce qu'il reste des installations donne à la baie de wallilabou l'illusion d'un repere de flibustier.












Pour remonter en martinique, il nous faut prendre d'abord le canal de saint vincent, puis celui de sainte lucie, . 35 noueuds de vent, des creux de 4 metres  de creux parfois dans le canal de saint vincent, nous reduisons la toile , nous mettrons deux jours a remonter. Ce weekend là, 3 catamarans ont coulés , une yole de peche s'est retournée, 1 mort, 15 personnes hélitreuillées, 20 autres récupérées a la dérive in extrémis. La mer ne pardonne pas !!







Voila, nous sommes en pleine période du carnaval, ce soir, on brule vaval, le temps de prendre encore quelques images et je vous fait un petit topo

A très vite.

mardi 3 janvier 2012

noel en mer

voila, c'est le premier, le tout premier noel en mer.un peu de nostalgie de ne pas partager ces moments avec les miens, ma tribu, ma famille, mes amis. Pour autant, ces fetes ont été incroyables de simplicité et de générosité.
Nous n'avons toujours pas les papiers définitifs du bateau, donc pas de possibilité de partir pour la guadeloupe comme c'était prévu initialement.Nous sommes donc partis passer noel aux anses d'arlet, petit village de pêcheur, niché au milieu des montagnes, 4 heures de navigation pour y arriver , 6h pour en revenir.

Arrivée de nuit,

puis, au petit matin, voila ce que nous avons trouvé, un tout petit village, niché dans la verdure, une eau cristalline, les tortues sortant la tete regulierement pour venir respirer

apres le mouillage, petite plongée au milieu des tortues, qui broutent tranquillement dans la baie . je sens votre regard étonné, mais oui, les tortues broutent !! elles se nourissent des herbiers au fond de l'eau. Elles sont plus sauvages et plus petites que celles que j'ai pû voir a Mayotte , mais c'est un moment magique de nager près d'elles !!
voila le doux regard ......de notre repas du soir !! vous ne devinez pas ? c'est le regard anxieux de la langouste qui va se faire déguster !!

Le soir, quelques guirlandes entour les cocotiers, quelques lampions,et  les tambours commencent a se faire entendre, Invités par une famille antillaise, ayant gardée la tradition , j'ai donc passé la nuit avec papy mamy les loupiots, les amis et moitié du village, a danser et chanter a tue tête, des " gloria " et des "jesus reviens parmis les siens," facon reggea, ou ragga, plus ou moins chaloupé, .......oh, j'ai eu une pensée émue pour ma grand mère, ma perle d'amour, qui me les a tant chanté , en moins juste, certe mais ...... !! allez on repart sur un rytme endiablé , les djumbés se répondent, papy danse avec moi, mamy avec son fils, les gamins courrent partout, bain de minuit, tout ça est très gai, très frais, on se quitte a 4h du mat , en se faisant la promesse de revenir pour le petit décollage du matin !! 

incroyable échange de culture, dans la joie et la simplicité, le partage.......le vrai sens de noel. tout simplement magique.
Le retour fut plus épique, cheval fougueux ayant encore fait des siennes !!! ils s'est échappé en mer !! , fougeux comme il est, une mer un peu formée, et hop, cheval fougueux se cabre, une petite minute d'inatention, et le voila les 4 fers en l'air, encore une fois, le moteur sous l'eau , grrrrrrrrrrrrrr.On pense déja a la longue nuit qui nous attend, apres 6h voir 8 de navigation . tout une nuit a démonter, essuyer, rincer, et noyer dans le wd40 , chaque pieces du moteur !!Donc, opération sauvetage de ce pauvre cheval de fer, tout piteux entre les vagues, on affale donc les voiles, le temps de tourner la tête pour controler l'opération, et nous voila a contre avec le génois, , je me remet dans le lit du vent, mais cheval fougueux en a profiter pour galoper dans l'ecume, ......il a disparu !!! donc, redémarrage du moteur, demi tour dans la mer formée , la nuit qui commence a tomber,capitaine  doudou a la jumelle, le bateau qui enfourne,nous scrutons fébrilement la mer, et oh, le miracle de noel arrive, cheval fougueux nous  montre son ventre. Bon, déja pas mal, l'opération sauvetage peux commencer, la nuit arrive vite, la mer est bien formée, des creux de 1.50m , parfois deux, mais il faut y aller. C'est capitaine doudou qui se jette a l'eau, la manille a lachée, il faut remettre un mousqueton pour recuperer cheval piteux. Avant toute chose, je saucissonne mon pauvre capitaine pour que je puisse le recuperer lui aussi, une ligne de vie me permettra de le ramener a bord, capitaine crevette se jette dans la mer, disparait sous cheval miteux , la demi minute me parait etre une eternité, et voila ma crevette de capitaine qui reaparait, tenant fierement le lien qui ramenera lui et ce satanné canasson de fer a  bon port.
Je vous passe les détails de l'operation retournement de cheval bargeot, le hissage de capitaine doudou par sa crevette de moussaillon ( c'est moi la crevette de moussaillon !!), bref, encore une petite aventure , je ne les compte plus !! Et toujours en rapport avec cheval fougueux. Donc adieu cheval indomptable, tu était pourtant tres tres moche, sûr que jamais personne n'aurait voulu te voler, mais tu es vraiment trop instable pour nous, completement ingérable, je n'aurais jamais cru avoir a le dire, mais vraiment trop barjot pour nous !! on va essayer de te vendre ..........oui, je sais, c'est pas gagné !!!!!! pourvu qu'on ai pas besoin de donner le moteur de 15 chevaux pour que quelqu'un accepte de te prendre dans son ecurie !!! peut etre un pecheur ? au pire on te donne, on t'echange, mais je ne veux plus te voir. tu n'est pas fait pour le voyage. L'épisode cheval fougeux se referme.
Le jour de l'an fû plus classique, enfin si on peu dire . arrivé au petit matin ,dans ce village que j'aime tant, comme vous tous, j'ai mis mes habits de lumiere, coloré mes meches  rouge ( on est coquette nous les filles !!), j'ai mis une fleur d'hibiscus dans mes cheveux, et , comme vous tous, j'ai vu le feu d'artifice de mon bateau, j'ai craint pour mes voiles comme il se doit,j'ai vu les artificiers mettre le feu au ponton ( mauvais les artificiers, on est pas a paris je vous rappelle ! lol), j'ai dégusté un magnifique gratin de poisson sur un catamaran version grand luxe, avec mes potes, puis petit concert reggea sur la plage , les pieds dans l'eau . la suite n'est pas racontable..... vous comprendrez!!


  j'ai vu le soleil se lever, sur cette baie magnifique
J'ai fais le bilan de ces deux mois passé sur l'eau : une avalanche de sentiments exacerbés et constants,la somme de plaisirs et de peurs aussi,d'apréhensions et d'envies, de rencontres et de découvertes multiples et variées. un sentiment diffus d'être grand et petit en même temps. Juste l'absolue certitude, à chaque jours qui passe, de " savoir de ne rien savoir ".Et pourtant, je ne me suis jamais sentie aussi vivante, tout mon corps est en veille, autant que mon esprit, je me réveille, je me révèle, chaque cellules est en alerte permanente, tous les sens sont ouverts,l'odorat, l'oui, l'équilibre, le vent sur la peau, sa force, les mouvements de la mer,du bateau, des muscles nouveaux qui travaillent, tout est doux et dure a la fois, même les relations humaines vont dans ce sens. les marins, les vrais, ne se livrent pas facilement. Je suis comme une éponge, j'aspire ce qui m'entoure, j'absorbe, j'analyse, je garde le meilleur,je me méfie de moi,j'essaye de maitriser, le feu de mes passions, ce n'est pas si simple, mais la mer m'y obligera, je le sens, je n'aurais pas le choix, pas de place pour l'exitation, peu a peu, je me pose, je m'apaise.

Cette nuit, ce n'est pas le cas, il est deux heures du matin, l'orage et les éclairs zèbrent le ciel, j'ai mis Vangelis, ce splendide morceau en fond sonore,parfois le rytme des basses s'accordent parfaitement au déchirement du ciel. Devant moi, au fond de la baie, une barge de 200m de long à allumée tous ses feux.C'est noel après L'heure. Comme la roue de la fête foraine installée sur la place de la concorde, chaque année a la même époque ... un déluge de lumière, comme une sucette géante posée sur la mer .... image surréaliste.


Et puis, il y a aussi , cette prise de conscience, encore ténue mais qui s'impose peu à peu, cette empreinte de l'homme qui saute aux yeux, ce paradoxe qui veux qu'en bateau, on tendrait à croire que l'on pollue moins puisque l'on fabrique notre propre energie grace au soleil et au vent.Et pourtant, ce sont des sacs entiers, chaques jours, que l'on jette, remplis d'emballage , de piles . Et puis la mer, qui avale tout, mais sous l'eau, elle ne peux rien cacher, ce que j'y vois parfois.......je ne vous fait pas de détails !!

Voila, les fêtes s'achèvent,
mes yeux se sont ouverts
sur cet évident transfert
de la chair-mère en chère-mer
chercher infiniment l'utérus
La matrice, la terre mère, la vénus
un moment de magie
troublé de nostalgie
voila pourquoi je suis sur l'eau

prendre la mer c'est renaitre un peu, .....c'est re -être un peu

                                                                    bonne année à tous

mardi 6 décembre 2011

En mer depuis un mois !

 

Nous vivons sur l’eau depuis un mois.


La crise des premiers jours est passée et nous commencons seulement à réaliser et à nous détendre. Parce qu’il faut bien le dire, la « zenitude » n’est pas arrivée tout de suite !


Il faut un peu de temps pour se decontracter  Nous sommes arrivés avec la fougue et l’impatience de vouloir tout maîtriser tout de suite.  Les premiers jours ont été épiques, parce qu’il faut bien le dire, nous ne sommes encore que des « touristes de la mer », des Parisiens encore tout emplis de tics citadins. Nous n’avons pas encore le cerveau programmé, nous ne sommes pas encore marinisés, pas organisés du tout ! Même le corps n’est pas encore adapté.

La première semaine, le bilan est terrible : deux orteils hors service (le droit et le gauche du capitaine), un quart de crâne déformé par les bosses à force de manger la poutre (encore le crâne du capitaine) et j’ose à peine vous parler de l’état de nos fessiers respectifs, nos petites « miches de rat » étant plus habituées aux coussins moelleux qu’au bois et l’acier, certes solides mais durs, mais durs…


Je prend les choses en main, parce qu'à cette vitesse là, j’aurai bientôt des cales sous les fesses et plus de capitaine. Opération coussins, oreillers et bricoles qui vont avec. Eh ! bien, il m’aura fallu quand même deux jours pour pouvoir les amener au bateau. Il a fallu déjà maîtriser notre cheval fougueux (c’est le petit nom que nous avons donné à notre annexe, elle fera l’objet d’un paragraphe entier, il y a matière !) ; ensuite, dans l’ordre : il a fallu crapahuter d’un bout à l’autre de la ville, trouver le magasin qui vendait deux oreillers d’un coup, voir deux gros coussins, puis celui qui vendait les taies, respecter la pause syndicale du 12-15h (trop chaud) en évitant de se faire prendre par la nuit et les grains parfois violents (parce que, bien sûr, nous avons oublié de prendre k-ways et torche !) Eh ! bien, laissez moi vous dire que ça n’a pas été évident  ! Une journée entière de repérage pour trouver deux malheureux coussins  à la bonne dimension ! Super ! mais le deuxieme coussin de la même taille est a l’entrepôt , qui n’est, bien sûr, pas à côté de la boutique ! Pas grave, vu l’heure, on verra demai….  Ah…  Il n'y a pas de taies d’oreiller ou de housse pour les coussins ? C’est pas grave, monsieur, il est trop tard pour ce soir, je reviendrai. « Oui, me répond le vendeur, faites donc cela, revenez demain, vous aurez le deuxième coussin,  c’est sûr,  mais vous ne trouverez de toute facon pas de taies, le container est bloqué au port, c’est la rupture dans tout le sud de l’ile ! » … Ok ! Quel chéri !

Retour au bateau.  Comme nous sommes très organisés,  que nous pensions rentrer avant la nuit,  nous n'avons pas pris de torche. Au bout d’une heure d’errance, nous ne retrouvons toujours pas notre bateau dans la baie et, pourtant, sûr qu’il est par là, le bougre ! Douze tonnes d’acier, ça ne disparaît pas comme ça ! On se calme, on se concentre (vous voyez ? quand je vous dis que...), on retrouve enfin le bateau. Pas trot tôt ! On frôle le divorce ! Le lendemain, retour à la boutique… Surprise : elle est fermée. Noté sur la porte : retour après la veillée funèbre ! Je fulmine !


Nous devons naviguer !


Il faut y aller. Tant pis pour nos fesses de crevettes, nous voulons naviguer, nous sommes là pour çà !  Le pilote automatique par exemple… Première sortie, on teste la bestiole. Normalement ça devrait être facile. On nous a montré ! « T’inquiète pas, m’a dit Michel, tu allumes le GPS… Quand t’as ta route, tu fais "auto" sur le pilote, il y va tout seul. » OK, Michel, super, on allume donc le pilote et… le bateau se met a tourner sur lui même comme une toupie ! j’ai dû sauter une page dans le manuel, c’est sûr !

Je vous rassure, (enfin ma mere surtout qui doit etre martinique, et puis Tonton aussi, qui m’a souhaité le pire avant de partir, d’avoir le mal de mer, d’être bouffée par les moustiques,  et, surtout, de rester en Martinique, en securité !) Depuis tout est rentré dans l’ordre, on a tout potassé , les instruments surtout, puisque c’est essentiellement eux que nous ne maîtrisions pas. Nous partons pour Sainte Lucie la semaine prochaine, puis en Dominique et en Guadeloupe, où nous passerons Noël. Ensuite, Cuba. Mais chaque chose en son temps. Le bateau a pris des couleurs, les photos arrivent…

L'orage m'empêche de continuer. À très vite.

jeudi 10 novembre 2011

achat du bateau et premieres aventures


 Bonjour à tous !
On en a tant rêvé !…

La petite graine d’idée a commencé à germer il y a trois ans environ, de façon légère au début, un peu comme on lance une blague, puis on se lance le défit, puis on se met à rêver, à l’imaginer, cette vie nouvelle… une autre vie, d’autres défis, d’autres combats, plus beaux que tous ceux déjà menés.
On est donc partis, on a tout quitté, une vie somme toute confortable, juste pour voir si on en est capable, juste pour vivre, pour découvrir le monde, pour découvrir l’autre et se découvrir soit même, un peu d’inconscience sûrement, un grain de folie surtout, mais voilà : j’ai aujourd’hui  un bateau pour maison, l’océan est mon jardin, un terrain de jeu redoutable, sans pitié mais, ô combien ! merveilleux.

Nous rentrons tout doucement dans le petit monde des baroudeurs des mers, pas vraiment marins confirmés,  puisque nous n’avons pas fait nos preuves encore ! Nous n’avons pas pris de grosses tabasses, pas affronté les pirates, ni la pieuvre géante… On n'a pas encore la peau tannée par le soleil, on est encore un peu pâlichons pour eux… des touristes, quoi ! Et, pourtant, on a commencé sur les chapeaux de roue.
Premier jour : on raccompagne Michel et Audrey qui nous ont  vendu le Littlewing (un petit clin d'oeil à eux). Départ pour l’aéroport ; on nous précise de ne jamais laisser notre annexe isolée, c'est une juste une question de survie puisque sans elle, nous somme verrouillés au bateau sans pouvoir aller a terre, donc on y fait super gaffe!  Bon, la consigne est entendue, morts de faim, nous partons nous ravitailler au supermarché, celui là même indiqué par Audrey. Au ponton, 10 Zodiac, + les conseils d’Audrey… Allez on y va !
Corvée d’eau ! Nous revenons tout gais et impatients de rentrer dans notre nouvelle maison flottante et, là, c’est la stupeur, on vient de se faire voler la nourrice et les 30 litres d’essence qu’elle contenait ! J’apprécie tout-à-fait modérément, mais, l’homme étant ce qu’il est, je m’attends à vivre d’autres aventures de ce genre dans un proche avenir…
Je ne pensais pas si bien dire, le deuxième jour, on démarre le moteur pour lui rendre un peu d’énergie… une procédure facile et banale… normalement… On démarre, notre pépère ronronne, et, soudain, un énorme bruit pas catholique du tout… On arrête tout, on regarde la bête de près, résultat...  c'est juste la cata : l'alernateur du haut s'est cassé la figure sur celui du bas, cassant les attaches en acier de 5 mm d'épaisseur. Bref, ma traduction a moi c’est que la cabane est tombée sur le chien !
Alors bien sur, tout ceci arrive une veille de week-end prolongé, nous sommes donc bloqué sur notre superbe maison flottante, mais sans énergie , pendant quelques jours !  Nous sommes dorénavant, les robinsons de la mer ! Sans électricité, sauf celle produite par les panneaux solaires et l’éolienne. Et c’est là que c’est drôle ! Justement le jour ou il n’ y a pas un brin de soleil, et qu’Éole  refuse obstinément de souffler ! C’est ballot pour des voyageurs du vent !

Je termine donc mon message à la lampe de poche ! Ambiance ! Je vous joins quelques photos des aménagements intérieurs , tels que nous les avons recuperés. Le temps de faire une 'tite beauté au bateau et j'en envoie d'autres !

 Bises